C'est une question que je me pose de plus en plus depuis que j'ai une présence sur l'Internet et que j'y publie mes photos:  Est-ce que je dois vraiment passer autant de temps sur les réseaux sociaux pour que mes photos aient une chance d'être vues? 

Captures d'écran à propos de la présence de Pascal Walers (paka) sur les réseaux sociaux comme Bluesky, X et Instagram.
pakal(_org)  Bluesky/X/Instagram

On pourrait facilement finir par croire que si une photo n'est pas visible en ligne, elle n'existe pas vraiment. En fait, je n'ai plus l'énergie de transformer la photographie en une sorte de rendez-vous quotidien avec Instagram ou d'autres réseaux sociaux, surtout lorsque tout ce temps passé à publier et à regarder ce qui fonctionne ne m'apporte finalement pas grand-chose.

D'ailleurs, mes publications se sont espacées au fil du temps. Ce n'est pas que je photographie moins (un peu quand même) ou que je ne veux plus diffuser mon travail (un peu aussi): les priorités ont juste changé. Aujourd'hui, je prends plus de plaisir à travailler des tirages papier, car voir une photographie imprimée que l'on peut toucher et regarder réellement, me procure une sensation très différente face à une image affichée quelques secondes sur un écran parfois mal réglé et souvent trop petit.

Tirages papier faits à la Canon SELPHY CP1500 par Pascal Walers (pakal).
Tirages papier  SELPHY CP1500

En fait, cette petite lassitude des réseaux sociaux vient surtout de leur évolution ces dernières années.

  • La place de plus en plus réduite accordée à la photo: Instagram, par exemple, fait une place considérable aux vidéos courtes. Le fonctionnement des plateformes pousse à capter l'attention immédiatement. Une photographie demande parfois un peu plus de temps pour être regardée, ce qui n'est pas forcément compatible avec cette logique.
  • L'obligation de publier régulièrement: Pour rester visible, il faut publier, commenter, répondre, recommencer. Cette mécanique peut rapidement devenir chronophage. Et elle n'est pas toujours compatible avec une pratique photographique basée sur des séries qui demandent justement du temps et de la réflexion.
  • Des réactions qui ne signifient pas forcément grand-chose: Un nombre élevé de likes ne veut pas nécessairement dire que les photographies ont réellement touché quelqu'un. Il y a une différence entre obtenir quelques secondes d'attention et provoquer une véritable discussion, une rencontre ou une opportunité concrète.

À force, cette course à l'engagement me fatigue. Il faut repenser les images pour l'écran de téléphone, accepter une compression pourrie, trouver une accroche, regarder les statistiques... Finalement, tout ça finit par prendre une place disproportionnée, et c'est peut-être là qu'est le problème: on peut finir par passer plus de temps à montrer ses photos qu'à en faire.

Et les quelques likes reçus au passage ne remplacent pas le plaisir de concevoir et construire une série. Ils n'apportent rien de constructif et ne remplacent pas une discussion avec quelqu'un qui prend le temps de regarder mon travail, ou encore le plaisir de voir une photo correctement imprimée sur papier.

Illustration de 'pas trop de likes'...
Pas beaucoup  de Likes

Pour autant, je ne pense pas qu'il faille forcément disparaître complètement d'Internet. J'ai mon propre site depuis des lustres et il suffit donc maintenant de redonner une place beaucoup plus raisonnable à ces réseaux dits sociaux.

Bien sûr, ça demande davantage de travail au départ. Il y a l'hébergement, le site lui-même, les sauvegardes et les aspects techniques. Il y a aussi, quand on dépend d'un prestataire, un coût. Mais en contrepartie, je maîtrise beaucoup mieux ce que je montre et je garde la main sur la présentation.

Je peux choisir la taille des images, leur qualité, les couleurs, les typographies, l'ordre des photographies. Je ne suis plus obligé de rentrer dans le format imposé par une plateforme.

Et surtout, le travail reste là. ( À vie  comme on dit !)

Une série publiée sur son propre site peut encore être consultée plusieurs années plus tard. Elle peut être trouvée par quelqu'un qui cherche précisément ce type de travail. Elle n'est pas condamnée à disparaître dans un flux où une nouvelle publication viendrait immédiatement prendre sa place.

Capture d'écran datant de septembre 2026 du site pakal.org par Pascal Walers.
pakal.org  Site de Pascal Walers

Cela ne veut pas dire pour autant qu'il faut complètement abandonner les réseaux sociaux. Je pense surtout qu'on peut les utiliser autrement: quelques publications de temps en temps, lorsqu'une série est terminée, et un lien vers son site pour ceux qui souhaiteraient découvrir davantage mes travaux.

Au final, ça permet de remettre un peu les choses à leur place. Les réseaux sociaux serviraient simplement à montrer que le travail existe, plutôt que d'être le centre de la pratique photographique.

Notre énergie créative n'est pas inépuisable et, personnellement, je préfère aujourd'hui la consacrer à photographier, à éditer une série, à préparer un tirage ou à construire une galerie qui me ressemble plutôt qu'à essayer de comprendre ce que l'algorithme attend de moi cette semaine.

Après tout, le but est quand même de faire des photographies. Pas de devenir spécialiste de leur promotion.